Inspiration - Iris van Herpen

Par SunShine le 17 mars 2021 dans Découvertes, Art & Créateurs

Connaissez-vous le travail de Iris van Herpen, styliste d'origine néerlandaise et membre de la Chambre syndicale de la haute couture ?

Après avoir étudié à l'Institut des Arts Artez à Arnhem, Iris van Herpen fait ses armes chez Alexander McQueen et Claudy Jongstra. Elle lance sa maison en 2007 aux Pays-Bas, et collabore avec de nombreux artistes contemporains, notamment des architectes, ainsi qu'avec de nombreux laboratoires scientifiques. Ses collections sont inspirées entre autres par les lois de la physique (2012 Micro, 2013 Voltage, 2015 Magnetic Motion), le monde végétal (2018 Ludi Naturae, 2020 Sensory seas, 2021 Roots of rebirth ) ou les expériences sensorielles (2011 Capriole, 2019 Hypnosis). La réalisation des collections se base sur une approche pluridisciplinaire qui englobe technniques plus traditionnelles de haute couture (broderies, tissus peints à la main, moulage) et nouvelles technologies telles que l'impression 3D, les nouveaux matériaux ou encore la découpe laser.

Impression 3D

Thin, 3D printed leaves, line the fine fabric of a dress in Iris van Herpen's Spring/Summer collection 2018. Photo by Yannis Vlamos/TU Delft006_OGIO2724

A gauche, un des premiers vêtements réalisés en 3D par Iris van Herpen, le top 'Crystallization' inspiré par la forme des coquillages.

La robe du milieu, présentée en ouverture de la collection Ludi Naturae (2018), a été réalisée en collaboration avec l'Université technique de Delft (article). Cette collaboration a créé le procédé dit ‘Foliage’, lors duquel de fines (0.8mm) feuilles sont imprimées en 3D directement sur du tulle. L'impression 3D à elle seule a pris 360 heures pour cette robe. Elle a été suivie de 60 heures supplémentaires de finition manuelle par l'Atelier Iris van Herpen.

La robe "Holobiant" (à droite) de la collection Roots of rebirth est composée de débris plastiques collectés dans les océans (Ocean Plastic®️) qui sont ensuite imprimés et découpés au laser en fins triangles déposés sur une base de tulle.

Iris_van_herpen_3d_druck_kleid_3d_printing_dress

Ces deux robes ont été imprimées par la technique d'impression 3D dite de stéréolithographie (explications).

A gauche, la mini-robe translucide de la collection Magnetic Motions a été créée en colloboration avec l'architecte Niccolo Cassas et il a fallu 45 heures pour imprimer le devant et 36 heures pour imprimer le dos. Ce processus a ensuite été suivi de 8 heures de finition et de polissage. Iris van Herpen a été inspirée pour cette collection par sa visite au centre de recherche scientifique du CERN. Les accessoires (chaussures, colliers et ceintures) ont été façonnés en manipulant des matériaux imprégnés de métal à l'aide d'aimants. Il en résulte des objets uniques dont aucun n'est identique.

La robe de droite fait partie de la collection Hybrid Holism et a également été réalisée par stéréolithographie.

Découpe Laser

Cette technique utilise un laser en concentrant sa puissance sur un point et en le déplaçant pour découper divers matériaux, comme le cuir, les plastiques ou même le bois (plus de détails).

Laser cut fashion is all the rage in look 11 of the collection. Photo via Iris van Herpen

La collection Ludi Naturae utilise très largement la découpe laser. Pour la réalisation des vêtements, deux techniques ont été développées. ‘Data Dust’ utilise des motifs déformés digitalement, découpés au laser et fusionnés au laser sur du tulle de soie. Lors du procédé appelé 'Entropy',  du cuir et du polymère liquide sont fusionnés avec du mylar (film de polyester) puis le tissu est perforé au laser et les différents motifs sont entrelacés en un gradiant de couleurs du cuir.

Pour la robe "Idolomantis" de la collection Roots of rebirth (2021), à gauche, de multiples couches translucides de tissu duchesse sont teintes  dans des couleurs pastels puis cousues à des centaines de petits ailerons découpés au laser rayonnant vers l'extérieur.

A droite, dans la même collection, la robe améthyste est décorée de "branchies" brodées en 3D sur une dentelle extensible découpée au laser pour révéler la peau entre les fibres colorées.

Recherches sur les matériaux

Iris van Herpen se distingue également par son utilisation de matériaux plus souvent utilisés en laboratoires que dans un atelier de haute-couture, et ce pas seulement lorsque l'impression 3D est utilisée.

Présentée dans la collection Seijaku, la robe de gauche est composée de sphères de verre soufflées à la main et enduites de silicone. Une technique similaire est utilisée pour enduire de silicone des dizaines de milliers de cristaux Swarovski, créant ainsi une robe (à droite) ayant l'aspect d'une surface recouverte de gouttes de rosée.

Iris_van_Herpen_splashing_water_dress_2.jpg

Une des premières collections d'Iris van Herpen, Crystallization, présentée à Amsterdam, encadrait les mannequins de feuilles de plastiques travaillées à la chaleur de lasers pour simuler les éclaboussure de l'eau. Et dans la collection Wilderness embodied, la robe "Moon" a été enduite d'une résine liquide contenant du fer et la surface a ensuite été manipulée à l'aide de grands aimants pour "faire pousser" les textures tridimensionnelles de la robe, ressemblant à une lune couverte de cratères.

De très belles vidéos sont disponibles sur YouTube et  sur Instagram, car les robes sont étudiées pour être vues en mouvement. Toutes les photos proviennent du site d'Iris van Herpen et l'image d'accueil est tirée du court-métrage Biomimicry une collaboration entre Iris Vane Herpen et le ballet national des Pays-Bas, avec la danseuse Jingjing Mao.

Pour en savoir plus:

 

A propos de l'auteur : SunShine

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Commentaires

SophieDentelle (il y a 1 mois)

Oui je connaissais, j'ai pu voir ses créations 'en vrai' lors de l'exposition 'Manus versus Machina' au MET en 2017. Superbe, magnifique, je suis restée longtemps dans l'expo (mon mari a cru que je m'étais perdue dans le musée), à détailler de près la structure de ses impressions utilisées pour les tailleurs style Chanel, c'est bluffant.

Sabine Kanto (il y a 1 mois)

Je connais mais je trouve que c’est loin de la couture par nos mains. Des techniques et des machines réservées à des industries. Oui, c’est rebrodé manuellement mais est-portable ? Je considère ces vêtements comme une oeuvre d’art. 

Liseli (il y a 1 mois)

Donc 360h, ça fait 15 jours... la machine avait intérêt à ne pas planter!

Merci pour cette découverte, c'est fascinant!

Tita (il y a 1 mois)

Très intéressant ! Ca fait rêver, c'est quasiment de la sculpture. Merci Sunshine pour cet article. 

pétrouchka (il y a 1 mois)

Merci pour cette découverte, c'est fascinant!

Je vais de ce pas regarder les vidéos pour rêver un peu...

SunShine (il y a 1 mois)

@SophieDentelle les voir "en vrai", je t'envie.

@Sabine Kanto je suis tout à fait d'accord, c'est de la haute couture et ce sont des oeuvres d'art, donc la portabilité au quotidien n'est pas vraiment le but.

@Liseli j'imagine qu'elle a dû un peu planter de temps à autre, c'est fragile, ces petites bêtes.

@Tita tout à fait, on voit l'aspect sculpturel des oeuvres

@pétrouchka oh oui, les vidéos montrent à quel point certaines robes sont pensées pour être en mouvement

Marrie (il y a 1 mois)

Waw !

C'est magnifique !

Merci pour cette découverte.

SunShine (il y a 1 mois)

@Marrie avec grand plaisir !

Merci beaucoup pour cette découverte !

Est-ce là l'avenir des vêtements de confection ? Est-ce le fruit d'une expérimentation artistique ? Quoi qu'il en soit, je ne raterai pas l'occasion d'aller voir ces oeuvres, si l'occasion se présente un jour. Bientôt...