[Artiste] Faig Ahmed

Par Liseli le 19 avril 2021 dans Art & Créateurs

En ces temps de réclusion dans nos foyers, relayons la suggestion d’une needlenaute et partons en tapis volant à la découverte de l’artiste Faig Ahmed.

Né en 1982, cet azerbaïdjanais s’illustre depuis une décennie dans l’exploration de l’art ancestral du tapis persan.


De-stabilization, 2016 / Nom inconnu

A base de laine et de soie, ses tapis sont tissés à la main par des artisans locaux auxquels il transmet les croquis correspondants travaillés sur ordinateur.


Double Tension, 2011 / Epiphany, 2016

Les motifs de tradition millénaire semblent alors révéler une nature indomptable.


Osho, 2015 / Singularity, 2016

La matière échappe des motifs assignés et s’adonne à divers effets physiques : affaissement sous l’effet de la gravité, passage à l’état liquide, changement de couleur, translation, distorsion optique, pixellisation subite, interférences, attraction et réorientation des motifs à proximité d’un champ magnétique...


Invert, 2014 / Tradition in Pixel, 2010

Au fil des effets travaillés, ces œuvres mettent particulièrement en lumière la tension entre la solidité physique de la tradition et la force des bouleversements auxquels la modernité la soumet.


Nom inconnu / Recycled, 2014

Le site de Faig Ahmed

Illustration en une : Coherency, 2016

Qui se lance le défi de tisser un tapis avant la fin du confinement ?!

A propos de l'auteur : Liseli

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Commentaires

Sabine Kanto (il y a 2 semaines, 3 jours)

Cette idée de tisser un tapis avant la fin du confinement n’est pas très optimiste. Comme tisser demande un temps long, le confinement ne se terminera jamais. 

Comme je crochète, j’ai lu que cette technique entre dans les types de différents tissages et amène un résultat beaucoup plus rapide quoique le tissage permet une quantité de variations de motifs inimaginables. 

Je n’aime pas trop les déformations. Imagine-t-on la Vénus de Milo, les Tournesols de Van Gogh, Guernica de Picasso tordus, allongés, troués, sphériques, décolorés ? Maintenant, quelqu’un aimant la physique peut aimer. 

missumlaut-Kikoo (il y a 2 semaines, 3 jours)

Je comprend très bien l'état d'esprit, et l'espèce de stupeur que véhiculent ces oeuvres. Qui à mon avis ont plusieurs auteurs : la personne à l'origine du concept qui crée le carton, mais surtout les petites mains capables d'aller plus loin que la pratique de leur savoir faire ancestral pour les réaliser. @Sabine, l'art n'est pas fait pour faire joli et faire plaisir, c'est le travail d'ikea ça. Son rôle, c'est de véhiculer du sens -par les moyens des sens- ...Là, ça y arrive plutôt très bien je trouve, tu as perçu le malaise même sans avoir le contexte culturel des motifs traditionnels. Moi j'imagine très bien la Vénus de Milo liposucée , allongée, siliconée des seins et des fesses. Les tournesols sont terribles, ils sont déjà une violente déformation de la réalité perçue. Quand à Guernica, qui fait partie de nôtre culture, je pense que le cas est une évidente illustration de mon propos : ça s'inscrit dans la tradition (voir le 11 de mayo, pas vraiment une image de calendrier des postes non plus) mais le drame emploie des moyens picturaux différents pour se manifester. Dont, une déformation totale des corps massacrés, de l'espace, de la perspective.  On pourrait dire quelque chose avec sur le monde contemporain et son indifférence en transformant Guernica en peinture au numéro, par exemple. 

Si, avec ton crochet, tu fabriques une oeuvre faite de fils de tubes dans tous les sens répétés dans l'espace comme l'accumulation de ce qu'il y a dans une chambre de réa, est-ce que tu pourra la faire avant la fin du confinement ? Est-ce que ça sera "joli" ou riche de sens actuel ? Dans une autre vision, tu pourrais faire une structure de fils qui représente les réseaux qui nous relient. On sait que chaque personne n'est qu'a 12 "poignées de main" max de tout autre sur la terre. C'est peu,  c'est fantastique, c'est effrayant en ces temps de pandémie... Que veulent dire un trou, un fil non noué, un fil coupé ? Dans un lieu, une tradition, un contexte ? 

 

 

Mquipique (il y a 2 semaines, 3 jours)

Ah Liseli, tu aurais dû lancer ton défi lors du premier confinement, j'aurais peut-être voulu jouer ;-)

Là, moins d'une semaine pour essayer de faire un cadre, apprendre à tisser, trouver une idée, les fibres et le temps de réaliser la chose... le défi est franchement dur à relever !!

Merci de la découverte de cet artiste, il y a des propositions qui me plaisent, d'autres moins, mais effectivement ça remue !

camillette (il y a 2 semaines, 3 jours)

Merci pour cette découverte. Je rejoins tout à fait l'avis de @missumlaut-Kikoo, mais je n'aurais pas réussi à le dire si bien !

Je trouve ce travail très intéressant, j'aime être étonnée par une oeuvre ! Là, je trouve formidables, impressionnants, les effets qui sont obtenus. Je tire mon chapeau aux artisans qui montrent là leur parfaite maîtrise de leur art.
J'aurais vraiment envie de voir ces tapis en vrai, déjà pour admirer les détails mais aussi pour mieux me rendre compte de leur taille (certains ont immenses!).

Sabine Kanto (il y a 2 semaines, 3 jours)

Ce que je n’approuve pas, c’est transformer les motifs des tapis en de nouveaux tapis. La seule oeuvre revient à celle du recyclage, là, j’aime. Le sculpteur César prenait des vieilles carcasses de bagnoles et ne les transformait pas en voitures.  C’était curieux mais comme le dit missumlaut-kikoo, tout dépend du contexte, du lieu, de la tradition. 

missumlaut-Kikoo (il y a 2 semaines, 3 jours)

@Sabine Kanto : les traditions meurent de deux choses. L'absence de transmission, quelle qu'en soit la cause. L'autre c'est la transmission figée alors que le sens ou l'utilité d'origine n'est plus. La tradition n'en est plus une, devenue trésor archéologique/historique ou folklore mort. Cet artiste, dont je regrette juste qu'il ne soit pas aussi l'artisan de sa propre oeuvre, manifeste  à la fois la vie puissante de ses racines et les secousses du monde contemporain qui les touchent. Je ne vois aucun recyclage la-dedans ! Et le propos de César que tu semble admirer, n'était pas non plus de décorer le hall d'un siège social avec un grain d'évasion fiscale, même si ça en est l'usage pratique.  Mais je n'ai peut-être pas compris ce que tu disais, tout simplement.